Poinct de Tulle, renaissance d’une dentelle

Grossier, picot, rosette, respectueux, point d’esprit ou cordonnet, un joli glossaire de points qui s’exprime à l’aiguille sur un réseau de fil très fin, à maille carrées, de 1,8 à 2,5 mm et qui fait la dentelle de Tulle.

Si la pratique de la dentelle existe dans les campagnes françaises depuis la Renaissance, la dentelle de Tulle va se démarquer de part sa technique et se faire remarquer à la cour de Louis XIV, grâce à l’entregent d’Etienne Baluze, éditeur tulliste et bibliothécaire de Colbert, qui la promeut sous l’appellation « poinct de Tulle ». Le succès fut important notamment grâce à son prix, très avantageux par rapport à la dentelle d’Alençon par exemple. La révolution mettra un frein à la pratique du point de tulle, qui à une ou deux exceptions près restera vivace dans un giron plutôt familial et monial. En 1984, la conservatrice du Musée de Tulle fait revivre ce savoir-faire en fondant l’association Diffusion et Renouveau du Poinct de Tulle. (www.lepoinctdetulle.com)

La particularité de la dentelle de Tulle porte sur l’accord subtil entre la broderie et son support. Ce maillage bien carré et noué magnifie les points comptés délicats qu’on vient poser dessus. Le réseau confectionné à l’aide d’une navette vient se tendre sur un cadre, les motifs brodés à l’aide d’une aiguille à bout rond viendront parachever ce qui deviendra une dentelle de Tulle. Peu de chose à voir donc avec le tulle d’origine anglaise créé en 1809 sous le nom de twist net, c’est lorsqu’il passe en France vers 1818, qu’avec le temps, il prendra, par analogie sans doute, le nom de tulle – usurpant au passage la belle notoriété du poinct de Tulle  – et que les anglais ne nomment maintenant que par ce mot: tulle.

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