Expos textile 2/4 : Déviations par le Musée Bargoin et le FITE, Clermond Ferrand, jusqu’au 6 Janvier 2019

Prenons tous les détours nécessaires pour nous rendre au centre de la France, où 2 expositions ont choisit d’exposer les regards qu’artistes et créateurs posent sur le textile. Pour cet 2ème épisode, en route pour Clermont-Ferrand, dans l’incomparable Musée Bargoin qui réussit à se piquer d’archéologie et de textile, une déviation inattendue.

A l’origine de, il y a le Festival International des Textile Extra Ordinaires (FITE) et dont la 4ème édition 2018 ,aura lieu du 18 au 23 septembre à Clermont Ferrand. Ce festival à voir et à suivre tous les 2 ans questionne les activités autour du textile avec une double orientation : patrimoniale et de création contemporaine.  La thématique de l’année porte sur les déviations en tant qu’écarts par rapport à une ligne tracée. Franchissons la ligne pour apprécier l’exposition phare du FITE  co-produite par la Ville de Clermont-Ferrand, où savoir-faire  textiles des cinq continents rencontrent des designers, créateurs de mode, artistes et couturiers ,liés à notre société actuelle.

4 thématiques : Transgression, Circulation, Carambolage et Transcendance rythme  le parcours  d’ouvrages chargés d’une liberté individuelle salutaire magnifiée par les savoir faire parfois lointains.

L’humain étant une valeur sûre dans Déviations, suivons nos sentiments pour faire le tour de la manifestation en quelques œuvres.

Transgressif, NACO PARIS, super créateur de mode français l’est avec brio et humour.  Son approche radicale du vêtement entrecroisant punk et haut-couture joue sur la mixité . QUI SUIS JE ?  La mode est une identité facettées et ne peut se réduire à la question du genre et de grammaire standardisée du corps. Naco a son image de la mode que ça soit par rapport au style mais aussi à son sens dans notre génération actuelle. Il se considère comme un anticonformiste. Ses créations porte un regard acide sur la folle consommation associé à l’industrie du luxe dans un tourbillon de couleurs, de scintillement et d’audace.

« Qui suis-je ? » Musée Bargoin Collection de l’artiste NACO PARIS ©Ville de Clermont-Ferrand/Rémi Boissau

 

Les somptueuses créations de l’artiste Magnhild kennedy transcendent des savoir-faire de couturière dans une collection de masques qui dessinent un nouveau folklore . L’artiste nous fait découvrir le mystère que peut apporter un masque qui répond à un besoin à la fois intime et social de métamorphose de soi . De son nom d’artiste, l’autodidacte Damselfrau, s’inspire des univers de la mode, de l’artisanat et de la bijouterie en utilisant des matériaux récupérés et chinés. Dans chaque masque se sont eux qui donnent le ton et racontent l’histoire de chacun.

                                                                                              @Magnhild kennedy URS, 201 DAMSELFRAU

 

Le carambolage est une des caractéristique de l’œuvre de Lawrence Lemaona en mixant le savoir-faire textile des kangas et une vision acerbe de l’emprise des médias sur les esprits. Il délivre dans ses différentes œuvres des messages facétieux en imaginant des manchettes de journaux sur les sujets de la politique sud-africaine apposées sur des textiles utilisés lors de rite d’initiation employé aussi, de nos jours, comme vêtement ou comme outils de revendication. L’actualité comme ornement de l’immémorial.

Jacobins, Doves, Pigeons, embroidery on kanga, 2017 -Lawrence Lemaona en référence au procès de Jacob Zuma ©Jurie Potgieter, Courtesy Afronova Gallery

Aux expositions FITE du Musée Bargoin, il y a toujours une circulation entre l’exposition et les visiteurs. Parfois il s’agit de laisser des messages, de collaborer à une œuvre monumentale. Ici dans la grande salle du 2ème étage, d’exquis rubans noirs portant sont  bordé en or les mots emblématiques de l’exposition. La couverture à points de la Baie d’Hudson qui servait de monnaie d’échange dans le nord subarctique canadien frappe par sa modernité presque mondrianesque. Elle est toujours fabriquée dans le Yorkshire pour ceux qui voudraient prendre la déviation.

Ruban de l’exposition Déviations ©RE ACTIVE

Au début ou à la fin comme on le souhaite, puisque occupant tout le premier niveau,  l’artiste Jérémy Gobé et l’entreprise Fontanille s’unissent pour créer une œuvre monumentale qui projette la dentelle du Puy vers la science fiction proche.  La dentelle du Puy  devient tuteur pour aider à la régénération du corail.  Une alliance de la science actuelle et d’une technique traditionnelle pour créer un monde que l’on souhaite meilleur. Si la masse d’archives de l’entreprise de dentelle Fontanille suscite l’émotion, vidéos et artefacts simplement imbriqués ne donnent pas toute sa dimension à cette déviation d’un savoir-faire vers l’avenir. Un point qui manque un peu d’esprit mais qui reste cependant à voir pour la beauté du geste.

Jérémy Gobé, Corail/Artefact, 2018_© Ville de Clermont-Ferrand/Rémi Boissau

Episode 3: à Meymac, pas si loin dans le Limousin. Tous à Clermont-Ferrand, jusqu’au 6 janvier 2019. Déviations, vaut le détour !